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CÔTE
D'IVOIRE |
Mai
2001, la spirale infernale |
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Politique
thème: Nouvelle tentative de Coup de d'État
Dans la nuit du dimanche 7 Mai au lundi 8 Mai 2001, nouveau coup
de force en Côte d'Ivoire. Après les dernières élections,
présidentielles et législatives, où les problèmes d' "ivoirité"
n'ont pu être écarté, et à un peu plus d'un an du Coup d'État du
Général Gueï de Janvier 1999, la Côte d'Ivoire succombe à un nouvel
accès de fièvre. Le "film" des événements ...
Voir aussi: 22 - 27 Janvier 2000: élections présidentielles
ivoiriennes
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Samedi
13 Mai 2001
CôteIvoire-coup,PREV
Le président Gbagbo promet "le feu" sur les
ennemis de la Côte d'Ivoire (REPORTAGE) par Muhamed
Junior OUATTARA
ABIDJAN, 13 jan (AFP) - Le président Laurent Gbagbo a promis
de "faire tomber le feu sur la tête des ennemis" de la Côte
d'Ivoire, samedi devant quelque 2.000 manifestants venus pour
"soutenir le gouvernement" et scandant "la Côte d'Ivoire
aux Ivoiriens".
Habillé d'une chemise jaune ocre, d'un pantalon marron et
portant des
lunettes de soleil noires, le président ivoirien semblait particulièrement
en verve devant ces manifestants venus lui témoigner, à l'intérieur du
palais présidentiel d'Abidjan, leur attachement, une semaine après un
putsch manqué.
"Le gouvernement a les moyens militaires de défendre la
Côte d'Ivoire", a-t-il déclaré en réponse à "la préoccupation"
des initiateurs de la manifestation qui ont demandé que "le
gouvernement prenne ses responsabilités face aux tentatives de coups d'Etat
à répétition".
Dans la nuit du 7 au 8 Mai des assaillants avaient attaqué
le plus
important camp de la gendarmerie ainsi que les sièges de la radio et de
la télévision nationales à Abidjan.
Le gouvernement avait parlé d'une tentative de coup d'Etat
repoussée et mis en cause un appui de pays voisins aux assaillants.
"Je veux donner donner à nos soldats des moyens et des
armes nécessaires qu'ils ont appris à manier. Je veux donner à nos
militaires les moyens pour qu'ils fassent tomber le feu à partir du ciel
sur nos ennemis, pour qu'ils sachent que quiconque s'aventure en Côte
d'Ivoire - comme ces gens qui sont retournés -, retournera chez
lui", a ajouté M. Gbagbo dans un tonnerre d'applaudissements.
Le président était entouré de banderoles hostiles aux étrangers
apportées par les manifestants: "Etrangers trop, c'est trop, laissez
les Ivoiriens travailler".
La foule scandait: "la Côte d'Ivoire aux
Ivoiriens", ou chantait "jamais on n'a vu, jamais on verra un
mossi diriger la Côte d'Ivoire", une référence à l'ancien Premier
ministre Alassane Ouattara, interdit de présidentielle et de législatives
pur cause de nationalité douteuse et accusé par ses adversaires d'être
"mossi", l'ethnie majoritaire au Burkina Faso.
Le président ivoirien n'a pas transigé sur le déroulement
des législatives partielles de dimanche dans le nord du pays à majorité
musulmane: "Ce qui est dit est dit, les élections auront lieu".
"J'ai donné l'ordre aux forces de sécurité de rafler
ceux qui voudraient
semer des troubles et de se défendre si on tire sur elles", a-t-il
encore dit.
26 sièges sont à pourvoir dans les circonscriptions où les
partisans de M. Ouattara avaient empêché la tenue du scrutin législatif
le 10 Janvier dernier pour protester contre le rejet de sa candidature
par la Cour suprême.
La flambée de violence de Janvier, pendant laquelle
certains avaient été jusqu'à parler de sécession du Nord, est retombée,
mais les tensions restent à fleur de peau dans la région.
Le Rassemblement des républicains de M. Ouattara a appelé
au boycottage des partielles.
M. Gbagbo a également promis des "corrections sévères"
aux assaillants du putsch manqué et annoncé qu'il n'y aura pas "de
grâce présidentielle ni d'amnistie parlementaire pour eux".
"Nous avons détaché des magistrats instructeurs spécialement
consacrés à cette affaire. Dans deux semaines, nous aurons les résultats
de l'enquête", a-t-il annoncé.
Devant l'intransigeance de la foule qui voulait s'en prendre
aux étrangers à la fin de la manifestation, M. Gbagbo a lancé un appel
au calme, tout en annonçant la création d'un "office de
l'immigration".
"Nous mettrons des conditions difficiles pour entrer en
Côte d'Ivoire,
personne ne rentrera dans ce pays sans qu'on sache qui elle est",
a-t-il dit.
"Nous sommes fatigués", a conclu le président
ivoirien.
omj/sa/fxh
a
Copyright © 2001 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
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Jeudi
11 Mai 2001
CôteIvoire-coup-société,PREV, Poussée de fièvre xénophobe
après la tentative de coup (ECLAIRAGE) par Stéphane ORJOLLET
ABIDJAN, 11 jan (AFP) - L'annonce de l'implication de
ressortissants
étrangers dans la tentative de coup d'Etat en Côte d'Ivoire a fait déborder
dans une frange de la population une hostilité latente envers les immigrés,
que le gouvernement s'efforce de calmer.
En dépit d'appels au calme répétés des autorités,
demandant aux Ivoiriens de ne pas s'en prendre à des "personnes
innocentes", les cas de harcèlement et les violences contre des étrangers
se sont poursuivis dans la nuit de mercredi à jeudi dans plusieurs
quartiers d'Abidjan.
Afin d'éviter tout nouveau heurt,la police a été déployée
jeudi matin dans le quartier administratif du Plateau, autour de la
"Sorbonne", lieu de débat public dont les
"auditeurs", souvent désoeuvrés, s'en étaient pris mardi et
mercredi à des commerçants étrangers.
Ces incidents surviennent sur fond de crise économique et
sociale et alors que le débat identitaire et nationaliste domine depuis
quelques années la politique ivoirienne.
Selon les résultats du dernier recensement de 1998, qui
viennent seulement d'être partiellement rendus publics, le pays compte
26% d'étrangers sur une population totale de 15,3 millions d'habitants,
soit un peu plus de quatre millions d'immigrés.
Mais ces chiffres sont souvent contestés comme étant sous-évalués,
en raison des clandestins ou des fraudes à la nationalité.
Le président ivoirien Laurent Gbagbo répète à l'envie que
dans une
situation de crise économique, il n'est pas surprenant que "les
populations les plus pauvres" développent contre les étrangers une hostilité
qui n'avait pas lieu d'être quand le "miracle économique
ivoirien" offrait des richesses pour tous.
Une des premières annonces du nouveau pouvoir a d'ailleurs
été la création d'un "Office de l'immigration", dans un pays
où l'établissement d'une carte de séjour relève de la simple formalité.
"On est xénophobes! Ivoirien, il est temps que le
commerce te revienne", scandaient ainsi les groupes de jeunes, étudiants
ou chômeurs, qui menaient ces derniers jours la chasse aux étrangers
dans les marchés et bidonvilles d'Abidjan.
Mais cette hostilité "spontanée" se double d'une
tentation nationaliste
plus profonde, développée sur le terreau du débat sur la nationalité
d'Alassane Ouattara, qui focalise les tensions politiques depuis des années.
De nombreux étrangers ont été arrêtés lors des violences
qui ont accompagné en Janvier et Janvier derniers, les manifestations
des partisans de l'ancien premier ministre, et les forces de l'ordre
multiplient depuis les descentes dans les quartiers où résident en
majorité des immigrés.
Ces opérations et les contrôles systématiques, notamment
sur les transports en commun, s'accompagnent souvent de racket et de
mesures discriminatoires, dont se disent également victimes nombre
d'Ivoiriens ressortissants du nord, frontalier des pays de forte émigration.
Ce sentiment de rejet commun, qui mine une unité nationale déjà
fragilisée, est renforcée par la communauté religieuse entre
"nordistes" et étrangers, en majorité musulmans.
Par ailleurs, la prédominance de ces communautés dans le
petit commerce, ou le transport pour les "nordistes", leur donne
un poids économique non-négligeable.
Enfin, nombre de ces étrangers sont installés depuis des décennies,
voire des générations en Côte d'Ivoire, et estiment n'avoir nulle part
où "rentrer au pays".
Mais la Côte d'Ivoire pratique le droit du sang en matière
de nationalité, retardant l'intégration réelle.
Une véritable poussée anti-étrangers aurait en tout cas
des conséquences imprévisibles pour toute la région, notamment les
relations avec le Burkina faso, le Mali et la Guinée, principaux pays d'émigration.
Le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Aboudramane
Sangaré, s'est d'ailleurs attaché mercredi à calmer les inquiétudes
des ambassadeurs des pays "sous-régionaux" en assurant que les
étrangers "ont leur place en Côte d'Ivoire". Il n'a cependant
pas manqué de les rappeler à "leurs devoirs", notamment de
non-ingérence.
so/il/lcc t
CôteIvoire-coup-économie,PREV, Le putsch avorté a porté le "coup
de grâce" à une économie en plein marasme (PAPIER D'ANGLE)
Par Isabelle LIGNER
ABIDJAN, 11 jan (AFP) - Témoin de l'instabilité désormais
chronique de la Côte d'Ivoire, la tentative de putsch du 8 Mai a éloigné
davantage les perspectives d'investissements et de reprise du dialogue
avec les bailleurs de fonds pour l'ancien pôle économique de la région,
aujourd'hui à la dérive.
Après l'échec de la tentative de coup d'Etat, le président
ivoirien Laurent Gbagbo n'a pas sous-estimé l'aspect économique de cet
ultime soubresaut politique, mené selon lui "contre les
investisseurs et contre les investissements du pays".
Les putschistes "voulaient effrayer les opérateurs économiques",
a dit le chef de l'Etat, ajoutant à leur adresse que "la Côte
d'Ivoire reste la Côte d'Ivoire".
Mais pour la majorité des acteurs économiques, des
institutions
internationales aux petits commerçants, l'ancien éléphant d'Afrique de
l'Ouest est devenu un géant aux pieds fragiles.
"La Côte d'Ivoire est passée du miracle, au mirage, au
cauchemard", note le directeur d'une entreprise d'import-export,
interrogé par l'AFP, qui affirme avoir vu baisser de plus de 50% son
chiffre d'affaire depuis le coup d'Etat de Janvier 1999. "La
nouvelle tentative de putsch nous porte le coup de grâce", dit-il.
Un responsable du port d'Abidjan souligne que, "à cause
des troubles
politiques", 30% des marchandises sont désormais détournées vers
le Ghana et le Togo.
Pour les petits commerçants, "la vie est
difficile" dit une marchande
malienne du Plateau. "Il y a beaucoup de jours chômés, les marchandises
n'arrivent pas, nous devons augmenter les prix mais les gens n'ont pas d'argent".
"Les étrangers sont pourchassés alors qu'ils faisaient
le dynamisme
économique du pays", souligne de son côté un restaurateur béninois.
"Les conditions de vie de la population se détériorent
rapidement", note un économiste, Francis Akindès, qui met en avant
le chômage et "la saturation du secteur informel".
Les milieux économiques avaient espéré que l'arrivée du
nouveau pouvoir civil issu de la présidentielle d'Janvier et des législatives
de Janvier permettrait de redorer le blason du pays.
Mais les deux scrutins controversés ont été entâchés de
violences et n'ont pas permis de restaurer la confiance. Les caisses de l'Etat
demeurent vides.
Un financier international dresse un constat sans appel :
"Le gouvernement n'a rien fait évoluer sur le plan économique,
notamment au niveau de la dette et sur le plan politique, l'instabilité
chronique décourage toute vélléité d'investissement. Les fuites de
capitaux se multiplient".
Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale
(BM), avaient suspendu leur programme d'ajustement depuis fin 1998, sous
le régime du président déchu Henri Konan Bédié accusé de
"mauvaise gouvernance".
L'Union européenne avait fait de même après un scandale de
détournement de 27,5 millions d'euros, impliquant plusieurs ministres.
La dette ivoirienne s'est envolée pendant la transition
militaire (Janvier 1999-Janvier 2000) forçant le pays à suspendre ses
remboursements. Une situation aggravée par la chute des cours mondiaux du
cacao et du café (40% du PIB).
Le nouveau gouvernement de Laurent Gbagbo n'est pas parvenu
à enrayer la crise et avait indiqué, fin Janvier, que les arriérés de
la dette avaient "dépassé toutes proportions imaginables", atteignant 1.000
milliards de F CFA (10 milliards de FF, 1,5 milliard d'euros).
Pour l'année 2000 dont les chiffres ne sont pas encore
connu, il prévoit une croissance négative et une inflation de quelque 3%.
Un analyste, Adama Koné, note que le pays est désormais
classé "à risque".
Même le partenaire traditionnel de la Côte d'Ivoire, la France, rechigne
depuis les législatives à proposer de l'aide.
"Si la France ne veut pas nous aider, il nous faudra
chercher ailleurs un soutien", avait lancé en Janvier M. Gbagbo.
Le ministre de l'Economie, Mamadou Koulibaly, a présenté
mercredi un projet de budget prévoyant notamment des "ressources extérieures
de 515 milliards", sans préciser d'où viendrait cette manne.
il/so/lcc t
Copyright © 2001 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
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Mercredi 10 Janvier 2001
CôteIvoire-coup-société,PREV, Haro sur les étrangers à
Abidjan (REPORTAGE) Par Isabelle LIGNER = =
ABIDJAN, 10 jan (AFP) - Menacés par de jeunes Ivoiriens armés
de gourdins, sommés de "retourner chez eux" sous peine de voir
leurs baraques brûlées, des étrangers du quartier de Cocody, à
Abidjan, sont partis précipitament mercredi matin avec femmes et enfants
et de maigres bagages.
"Des jeunes de l'université sont venus mardi soir avec
des gourdins, ils
nous ont dit +on ne veut plus d'étrangers ici, retournez chez vous+ et
ont menacé de brûler nos cabanes si nous ne partions pas dans la
nuit", explique à l'AFP un Burkinabè portant les scarifications
faciales traditionnelles.
"Un frère est allé déclarer cela à la gendarmerie,
le gendarme a dit qu'il ne pouvait pas prendre la plainte", ajoute-t-il.
Au cours de la soirée et de la nuit précédentes, les étudiants
de la cité Mermoz ont procédé à des "contrôles d'identités, gardant les pièces
des étrangers, leur arrachant leurs affaires, leur argent", dit l'homme,
qui ne veut pas être nommé pour des raisons de sécurité.
Alors cet immigré installé depuis 31 ans en Côte d'Ivoire
a quitté sa frêle habitation de planches du petit bidonville
"bas-fond" à Cocody avec "sa femme, ses quatre enfants et
un baluchon".
"Nous avons croisé des voisins étrangers qui partaient
aussi avec ce qu'ils avaient été autorisés à prendre sur la tête",
dit-il.
Un ancien voisin également Burkinabè affirme qu'on lui a
ordonné "de partir tout de suite, de retourner chez nous sans passer
par l'ambassade (du Burkina)", dit-il.
L'AFP a appris de bonne source que cette représentation
diplomatique avait reçu depuis mardi soir de nombreux appels à l'aide de
ses ressortissants à Abidjan.
Mercredi, l'accès à l'impasse menant à la "cité
bas-fond" était encore
contrôlé par des jeunes et une trentaine de policiers qui ont intimé
l'ordre de déguerpir à des journalistes passant en voiture, alors que des étrangers
fuyaient visiblement leur logis à pied.
Installé depuis 30 ans en Côte d'Ivoire, un Burkinabè
chassé "préfèrerait rentrer au pays" mais il avoue son impuissance : "On n'a pas de
transport, on ne peut pas partir les mains vides et sans sécurité pour
traverser le pays", balbutie-t-il, encore sous le coup de l'émotion.
Au marché de Cocody, une peur sourde règne aussi. La
plupart des boutiques sont fermées. "Ici, il y a 80% d'artisans étrangers",
explique un sculpteur Sénégalais. "La police nous a dit de ne pas
ouvrir, des rumeurs de descente circulent", mumure-t-il gravement.
Au quartier administratif du Plateau, où des commerçants étrangers
ont également été pris à partie par des policiers et une foule hostile,
certaines scènes menaçaient de tourner au lynchage, a constaté l'AFP.
Une ressortissante française de Cocody, dont l'employé de
maison burkinabè a été chassé de chez lui dans la nuit, assure que
"les étrangers n'ont plus grâce aux yeux des Ivoiriens". Ces
derniers "veulent juste voler ce qui a été construit par les immigrés",
dit-elle.
L'enseignante estime que le gouvernement, qui a indiqué à
la radio
télévision que des étrangers des pays limitrophes avaient pris part à
la
tentative de coup d'Etat intervenue dans la nuit de dimanche à lundi, est
"largement responsable" de ce nouvel accès de xénophobie.
Les quelque quatre million d'étrangers présents sur le sol
ivoirien (sur
une population totale de 15 millions) ont largement contribué à la
croissance du pays depuis l'Indépendance mais en période de crise économique
et d'instabilité politique, ils font désormais figure de bouc-émissaires.
Le gouvernement a lancé mercredi en milieu de journée
"un appel au calme" en demandant aux Ivoiriens de cesser de
"s'attaquer à des innocents". Une intervention tardive pour
certains immigrés burkinabè ou guinéens, forcés de partir les mains
vides pour sauver leur vie.
"Aujourd'hui, c'est eux, demain ce sera les Libanais,
ensuite ce sera
nous", lâche avec fatalisme la même Française installée depuis 20
ans en Côte d'Ivoire. Se disant "très pessimiste", elle
cherche désormais à quitter le pays au plus vite.
il/fxh
t
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Mardi 9 Mai 2001
Abidjan affiche sa détermination au lendemain de la tentative
de coup
(PAPIER JOURNEE) par Stephane ORJOLLET
ABIDJAN, 9 jan (AFP) - Les autorités ivoiriennes ont affiché
mardi fermeté et détermination au lendemain de la tentative de coup d'Etat,
mais la situation restait préoccupante à plusieurs égards.
Le calme était revenu à Abidjan, où la vie économique a
repris normalement, après la première nuit sous couvre-feu, imposé
lundi pour trois jours.
Intervenant tard lundi soir à la télévision depuis son
village de Mama,
dans le sud-ouest du pays, où il se trouvait "en vacances"
depuis la fin de la semaine dernière, le président Laurent Gbagbo a dénoncé
une "action terroriste".
"Ceux qui ont fait ce coup sont des amateurs et des
enfants, mais ils
effraient les Ivoiriens et font perdre des jours de travail à la Côte
d'Ivoire", a-t-il dit.
S'affirmant "serein", le chef de l'Etat a également
indiqué que toutes les échéances politiques prévues, dont les législatives partielles du 14
Mai dans le nord du pays, seraient maintenues en dépit de la tentative de
coup d'Etat.
Mais cette tentative pose des problèmes préoccupants pour
le nouveau pouvoir, qui a notamment affirmé avoir des indices d'un "soutien à
l'étranger" de certains des assaillants et menacé de rompre les
relations diplomatiques avec tout pays dont l'implication serait démontrée.
Selon de bonnes sources, parmi les 31 attaquants interpellés
figurent des ressortissants étrangers, Maliens notamment. Le ministre de
l'Intérieur, Emile Boga Doudou, a de son côté évoqué lundi le cas
d'un Guinéen arrêté.
Une source proche de la présidence malienne a indiqué mardi
que Bamako -qui compte une forte communauté en Côte d'ivoire- condamne
la tentative de coup.
Le gouvernement ivoirien a par ailleurs indiqué qu'une
colonne de véhicules 4x4 puissamment armés, escortant "une
Mercedes" et descendant du nord avait été arrêtée par l'aviation
loyaliste dans le centre du pays, alors qu'elle se dirigeait vers Abidjan
pour renforcer les assaillants. La colonne est ensuite repartie vers le
nord.
Des éléments qui, outre l'organisation assez inhabituelle
dont ont fait
preuve les attaquants à Abidjan -où au moins deux officiers ont participé
à la tentative- font penser à une association d'intérêts entre
certains militaires d'active, des déserteurs de la période de régime
militaire (Janvier 1999 - Janvier 2000) et des bandes armées extérieures
au pays.
Concernant les bénéficiaires ou commanditaires possibles,
tous les regards se tournaient mardi vers le Rassemblement des Républicains
de l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, exclu des élections présidentielle
et législatives ivoiriennes pour "nationalité douteuse".
Le gouvernement s'est gardé de mettre directement en cause
les partisans de M. Ouattara, mais a multiplié les allusions
transparentes, au RDR ou au présumé soutien "nordiste" de
l'ancien Premier ministre.
En outre, les autorités ont publié un document, selon elles
la proclamation qu'entendaient lire les putschistes, reprenant nombre des
thèmes "alassanistes" sur l'exclusion ethnique dont s'estiment
victimes les nordistes.
Le RDR s'est d'ailleurs insurgé mardi contre les
"insinuations tendant à
l'impliquer" dans la tentative, dénonçant "vigoureusement ce
genre de
pratique" et affirmant qu'"il n'est ni de près ni de loin mêlé
à cette
affaire".
Le secrétaire général du Parti democratique de Cote
d'Ivoire (PDCI,
ex-parti au pouvoir), Laurent Dona Fologo, lui-même originaire du nord, a
également mis en garde contre les risques "d'amalgame",
demandant aux autorités d'être "plus claires" dans leurs accusations.
Les premiers des insurgés arrêtés devaient être déférés
devant la justice pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" mardi
ou mercredi, a indiqué M. Boga Doudou.
Quatre nouveaux corps d'assaillants par ailleurs ont été
retrouvés mardi à Abidjan, portant à "autour de 10" le nombre
de cadavres d'insurgés découverts, selon le ministre.
Côté loyaliste, deux gendarmes avaient été tués dans les
violents combats pour reprendre le siège de la télévision, tombé aux
mains des assaillants.
so/il/fxh
t
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Lundi
8 Mai 2001
Echec de la tentative de coup d'Etat en Côte d'Ivoire (ministre)
ABIDJAN, 8 jan (AFP) - La tentative de coup d'Etat intervenue
dans la nuit de dimanche à lundi en Côte d'Ivoire a échoué, a indiqué
lundi à la télévision nationale le ministre ivoirien de l'Intérieur.
"A l'heure où je vous parle, on peut parler d'échec de
la tentative de coup d'Etat", a déclaré vers 11H00 GMT le ministre
de l'Intérieur Emile Boga Doudou.
La radio et la télévision nationales, qui avaient été
pris d'assaut
dimanche soir par des mutins non identifiés, ont été "nettoyées"
par les
forces loyalistes, a-t-il affirmé.
Selon les autorités les combats de la nuit ont fait au moins
deux morts parmi les gendarmes et plusieurs blessés.
M. Boga Doudou a par ailleurs indiqué que la résidence du
chef de l'Etat Laurent Gbagbo avait également été la cible d'attaques au cours de la
nuit. Le gouvernement ayant été alerté sur l'imminence d'une tentative
de coup de force, le président Gbagbo avait cependant quitté la ville
vendredi et se trouvait en lieu sûr au moment de l'assaut.
"Après deux mois d'existence, la seconde république de
Côte d'Ivoire a été sauvée", a ajouté le ministre qui a adressé
ses "vives félicitations" aux forces loyalistes.
"D'ici la fin de la mi-journée, les choses seront Noels
dans l'ordre et
dès demain les Ivoiriens pourront reprendre le travail", a-t-il dit.
De son côté, le ministre de la Défense Moïse Lida Kouassi
a indiqué que les assaillants étaient "des individus qui se sont
mis en tenue de ville et ont arraché des véhicules privés à leur
propriétaire".
M. Lida Kouassi a indiqué que l'aéroport et les principaux
corridors
donnant accès au centre d'Abidjan avaient été fermés dès les premières
heures du matin "pour empêcher l'envoi de renforts aux mutins".
Il a dit étudier actuellement avec son collègue de l'Intérieur
des "mesures exceptionnelles".
Interrogé sur les commanditaires de la tentative de coup d'Etat,
M. Lida Kouassi s'est contenté de déclarer: "Quelques indices existent,
mais pour l'instant on ne peut pas s'avancer".
M. Boga Doudou a affirmé que des "documents
compromettants" avaient été saisis. "On sait d'où vient le
mal, nous pouvons désormais crever l'abcès", a-t-il conclu.
il/jl
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