L’évolution de la conjoncture économique et financière au Mali au cours de l’Année 2005 a été marquée par :
• une reprise de la croissance économique ;
• une maîtrise de l’inflation ;
• une hausse sensible de la production agricole ;
• une pluviométrie abondante et bien repartie ;
• une hausse de la production d’or ;
• une hausse du prix des hydrocarbures ;
• un secteur financier et monétaire relativement sain.
I. LE CADRE MACRO-ÉCONOMIQUE
1. L'évolution du Produit Intérieur Brut
Selon la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, le taux de croissance réel du PIB est estimé à 6,8 % en 2005 contre 2,3 % en 2004 soit une augmentation de 4,5 points. Cette évolution résulte des progressions enregistrées au niveau des différents secteurs de l’activité économique : 7,4 % pour le primaire, 9,0 % pour le secondaire et 5,3 % pour le tertiaire.
En terme de prix courant, le PIB est estimé à 2 896 milliards de FCFA en 2005 contre 2 632 milliards de FCFA en 2004 soit une progression de 10,0 %.
Cette évolution du PIB à prix courant est accompagnée d’une faible hausse du niveau général des prix. Ainsi, le taux d’inflation, apprécié sur la base du déflateur du PIB, est estimé à 3,0 % à fin 2005 contre 4,9 % en 2004.
Remise par le PDG de la Contribution de la BDM-SA pour la lutte contre les criquets au Ministre du Plan et de l'Aménagement du Territoire
2. Les finances publiques
Les recettes totales « Hors Dons » qui étaient de 454,7 milliards de FCFA à fin décembre 2004 sont estimées à 506,6 milliards de FCFA à fin décembre 2005, soit une augmentation de 51,9 milliards de FCFA ou 11,41 %. Cette performance est liée essentiellement à la croissance des recettes fiscales qui ont atteint 446,2 milliards de FCFA en 2005 contre 393,3 milliards de FCFA en 2004 soit une hausse de 52,9 milliards de FCFA ou 13,45 %.
Quant aux dépenses budgétaires, elles ont augmenté de 52,6 milliards de FCFA ou 8,88 % en passant à 644,7 milliards de FCFA à fin décembre 2005 contre 592,1 milliards de FCFA à fin décembre 2004 en liaison avec l’augmentation des dépenses courantes de 7,63 % et celle des dépenses en capital de 10,69 % par rapport à 2004. Rapportées au PIB, elles représentent 22,26 % en 2005 contre 22,50 % en 2004.
Ainsi le déficit budgétaire sur la base des engagements, dons exclus, s’établit à fin décembre 2005 à 206,1 milliards de FCFA soit 7,12 % du PIB.
3. La balance des paiements
Au plan des échanges extérieurs, selon les estimations de la BCEAO, le solde de la balance des paiements devrait connaître une amélioration de 125,4 milliards de FCFA en passant à 61,3 milliards de FCFA à fin décembre 2005 contre -64,1 milliards de FCFA en 2004.
Rapporté au PIB, le solde global de la balance des paiements représenterait 2,12 % en 2005 contre -2,44 % en 2004.
II. LES SECTEURS DE PRODUCTION
1. Le secteur primaire
a. Agriculture
La production céréalière, selon la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, se chiffre à 3 398 627 tonnes pour la campagne 2005-2006 contre 2 844 902 tonnes pour la campagne 2004-2005. Elle est en hausse de 19,46 % par rapport à la campagne de 2004-2005 et de 24,06 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Cette augmentation sensible de la production céréalière est imputable essentiellement à la bonne pluviométrie enregistrée au cours de l’année 2005.
Par types de céréales, le taux de progression est de 38,09% pour le maïs, 35,32 % pour le fonio, 31,72% pour le riz, 18,7% pour le mil, -5,26 % pour le sorgho et -46,26 % pour le blé.
Production céréalière (en tonnes) |
CÉRÉALES |
CAMPAGNE |
VARIATIONS en % |
2004/2005 |
2005/2006* |
Mil |
974.673 |
1.157.810 |
18,79 |
Sorgho |
664.083 |
629.127 |
-5,26 |
Riz |
718.086 |
945.823 |
31,71 |
Maïs |
459.463 |
634.464 |
38,09 |
Fonio |
19.655 |
26.598 |
35,32 |
Blé/Orge |
8.942 |
8.942 |
-46,26 |
TOTAL |
2.844.902 |
3.398.627 |
19,46 |
(*) Estimations - Source DNSI
L’agriculture industrielle reste dominée par la production cotonnière qui enregistre une baisse de 5,88 % avec un niveau estimé à 552 539 tonnes pour la campagne 2005/2006 contre 587 048 tonnes pour la campagne 2004/2005.
b. Élevage
La production de l’élevage est essentiellement marquée par celle des bovins, ovins et caprins. L’effectif total du cheptel ( bovins, ovins, caprins) est estimé à 25 556 517 têtes en 2005 contre 24 392 208 en 2004 soit une progression de 4,8 %.
|
Évolution des principales productions
de l'élevage
|
| |
UNITÉ
|
2004
|
2005
|
VARIATIONS
(en %)
|
|
Bovins
|
1 000 têtes
|
780
|
799
|
2,44
|
|
Ovins
Caprin
|
1 000 têtes
|
3.901
|
3.998
|
2,49
|
|
Porcins
|
tonne
|
331
|
340
|
2,72
|
|
Asins Camelins Équins
|
tonne
|
7.754
|
7.967
|
2,48
|
(*) Estimations - Source DNSI
|
|
c. Pêche et Forêt
La production halieutique est estimée à 49 355 tonnes en 2005 contre 48 700 tonnes en 2004 soit une progression de 1,3 %.
La branche forêt (sylviculture, cueillette) affiche une hausse de 2,8% en volume et en prix par rapport à 2004 avec une production estimée à 152,23 milliards de FCFA.
2. Le secteur secondaire
Selon les estimations de la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, le secteur secondaire a réalisé un taux de croissance de 9,0% en 2005 contre 2,7% en 2004.
Cette croissance est imputable essentiellement à celle enregistrée au niveau de l’Industrie extractive (+19,3%), de l’Energie (+10,2 %) et les BTP (7,6%).
Le secteur minier reste dominé par la production d’or de cinq grandes mines : SEMOS, MORILA SA, YATELA, SOMIKA et SOMILO.
La quantité d’or brut produite par ces cinq sociétés au cours de l’Année 2005 est de 49,12 tonnes contre 41,58 tonnes en 2004 soit une hausse de 18,13%.
Production d'or par société (en tonnes) |
SOCIÉTÉS |
QUANTITÉS D'OR PRODUITES |
VARIATIONS (en %) |
2004 |
2005 |
SEMOS |
15,57 |
15,10 |
- 3,019 |
MORILA SA |
17,63 |
23,83 |
35,179 |
|
8,11 |
8,01 |
- 1,208 |
| SOMIKA SA |
0,27
|
0,54 |
100,000 |
| SOMILO SA |
- |
1,64 |
- |
TOTAL |
41,58 |
49,12 |
18,134 |

3. Le secteur tertiaire
Suite aux progressions enregistrées au niveau de ses différentes branches : Transport et Télécommunication 14,8% ; Commerce 1,4% ; Banques et Assurances 0,5%, le secteur tertiaire a réalisé un taux de croissance de 5,3% en 2005.
III. MONNAIE ET CRÉDIT
L’évolution de la situation monétaire entre fin décembre 2004 et fin décembre 2005 est marquée par :
• Un accroissement des avoirs extérieurs nets de 16,71% (428,9 milliards de FCFA en 2005 contre 367,5 milliards de FCFA en 2004), imputable essentiellement au renforcement de la position extérieure de la Banque Centrale.
• Une hausse du crédit intérieur de 7,4% avec un encours de 489,6 milliards de FCFA à fin décembre 2005 contre 455,8 milliards de FCFA à fin décembre 2004, en liaison essentiellement avec l’évolution de la position nette du gouvernement qui passe de 59,7 milliards de FCFA à fin décembre 2004 à 26,4 milliards de FCFA à fin décembre 2005.
• Un accroissement de la masse monétaire de 9,5% avec un volume estimé à 840,3 milliards de FCFA à fin décembre 2005 contre 767,2 milliards de FCFA à fin décembre 2004.

La BDM-SA et les télécom
IV. LES PERSPECTIVES POUR L'ANNÉE 2006
Les projections pour l’année 2006 tablent sur un taux de croissance réel du PIB de 6,0% en baisse de 0,8 points par rapport à l’année 2005.
Le taux d’inflation mesuré par le déflateur du PIB serait de 4,3% en augmentation de 1,3 points par rapport à 2005.
Au niveau des Finances publiques, les recettes totales « Hors Dons » devraient enregistrer une hausse de 29,7 milliards de FCFA ou 6,38% en passant à 535,6 milliards de FCFA à fin décembre 2006 contre 506,6 milliards de FCFA à fin décembre 2005.
Quant aux dépenses budgétaires, elles sont estimées à 772,1 milliards de FCFA à fin décembre 2006 contre 644,7 milliards de FCFA en 2005 soit une augmentation de 19,76%.
Ainsi, le solde global « Hors Dons », sur la base des engagements, est estimé à +273,3 milliards de FCFA soit 8,53% du PIB.
Concernant les échanges extérieurs, le solde excédentaire de la balance des paiements devrait connaître une amélioration de 29,4 milliards de FCFA (soit 47,96) en passant à 90,7 milliards de FCFA à fin décembre 2006 contre 61,3 milliards de FCFA à fin décembre 2005.
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