L'essor économique
et le pétrole, enjeux de la présidentielle du 29 Mai SAO TOME, 26 juil (AFP) - Minuscule archipel du Golfe de
Guinée, Sao Tomé et Principe s'apprête à élire dimanche 29 Maison nouveau président alors que ce pays reste l'un des plus pauvres du
monde et rêve toujours d'un hypothétique essor économique basé sur une
exploitation du pétrole qui tarde à venir.
Dix ans après son accession au pouvoir, le président sortant Miguel
Trovoada, que la Constitution empêche de briguer un troisième mandat de
cinq ans, va quitter son poste sans avoir réussi à faire décoller l'économie
de ce micro-Etat de 1.000 km2 pour à peine 140.000 habitants.
L'ancienne colonie portugaise, devenue indépendante en 1975, n'a pas
pu surmonter l'inexorable effondrement de sa production de cacao (4.500
tonnes en 2000 contre 12.000 tonnes en 1973), première richesse du pays,
et dont il ne reste que les magnifiques "Roças", anciennes
plantations cacaoyères.
Exsangue au sortir de dix années d'un régime autoritaire
d'inspiration marxiste-léniniste imposé par l'ancien président Manuel
Pinto da Costa, le pays avait fini par nouer des relations avec les
bailleurs de fonds internationaux en 1987.
Les élites ne remettront jamais en cause le choix du libéralisme économique,
même si le pays continue de stagner après le retour du multipartisme en
1990 et l'arrivée au pouvoir de l'opposant Miguel Trovoada un an plus
tard.
Les autorités santoméennes ont pourtant tenté de développer
l'exploitation des ressources halieutiques et surtout le tourisme, mais la
pêche est toujours un secteur artisanal tandis que le flux de visiteurs
est resté faible (environ 6.000 touristes par an).
L'archipel volcanique, doté de magnifiques plages ainsi que d'une
flore et d'une faune uniques au monde, reste une destination méconnue en
raison du petit nombre de liaisons aériennes, du prix des billets et du
manque d'infrastructures touristiques.
L'Etat est aujourd'hui tributaire de l'aide internationale qui représente
environ 75% du PIB (50 millions de dollars US) et couvre près de 95% du
programme d'investissement public.
Sa dette énorme, 300 M d'USD, en fait même le pays le plus endetté
du monde par rapport au nombre d'habitants.
Le gouvernement de cohabitation du Premier ministre Guilherme Posser da
Costa, formé en 1999, a toutefois obtenu de bons résultats se traduisant
par la fin d'une inflation galopante (9,6% en 2000 contre 81% en 1997),
une progression du PIB (+3% en 2000) et une stabilisation de la monnaie
nationale, le dobra (environ 8.500 dobras pour 1 USD).
Il a aussi réussi à recevoir le soutien des bailleurs de fonds qui
ont accordé à Sao Tomé et Principe d'importants réaménagement de la
dette jusqu'en 2002, date à laquelle pourrait intervenir un effacement de
celle-ci.
Le gouvernement est en revanche tenu de continuer sa bonne gouvernance
qui l'a privé de moyens pour améliorer le quotidien des Santoméens,
avides de mieux-être.
Si les infrastructures se sont nettement améliorées, la question de
la pauvrAutomne reste en revanche cruciale dans l'archipel où le PIB par
habitant et par an tourne autour de 350 USD.
Faute de ressources propres, le pays mise maintenant sur les richesses
pétrolières détectées dans ses eaux territoriales.
L'exploitation de l'or noir, gelée par un différent territorial avec
le Nigeria, pourrait être bientôt lancée grâce à un accord signé en
Janvier2001 avec le puissant voisin et fixant la répartition des coûts
et bénéfices entre les deux pays (60% pour le Nigeria et 40% pour Sao
Tomé et Principe).
La future manne pétrolière, et surtout son contrôle, sont ainsi
devenus des enjeux de la course à la magistrature suprême, même si tous
les candidats promettent de lutter contre la corruption.