Comment de petits entrepreneurs des PMA sont devenus des
exportateurs
BRUXELLES, 16 mai (AFP) - L'exportation à forte valeur ajoutée n'est
pas vouée à l'échec dans les Pays les moins avancés (PMA) : le
Mauritanien Abdallahi O Yaha a ainsi trouvé les créneaux qui lui ont
permis de développer avec succès une sociAutomne d'exportation sud-nord,
puis une sociAutomne d'exportation sud-sud.
Dans le cadre de la conférence de l'ONU sur les PMA, il était
mercredi l'un des 25 participants sélectionnés pour participer à un
table-ronde organisée par le Centre du commerce international (CCI), qui
démontre qu'il n'y a pas de fatalité à l'échec. Exportateurs d'essence
de vétiver d'Haïti, de mangues "bio" de Guinée, de pierres précieuses
de Tanzanie, d'objets artisanaux du Bhoutan, de fromage de lait de
chamelle de Mauritanie, en témoignent.
Le CCI, agence de l'ONU basée à Genève, consacre 40 % de son budget
à aider les petites entreprises des PMA. Assistances très concrètes :
"aider à participer à des foires où se trouvent les consommateurs
potentiels, visiter les marchés internationaux pour y établir des
contacts avec les acheteurs, apprendre à gérer les normes, à améliorer
l'emballage, à tirer parti d'internet" sont autant de tâches du
CCI, selon son directeur exécutif, le Canadien Denis Bélisle.
Abdallahi O Yaha, qui dirige le groupe MIP (Mauritanienne des
industries de pêche) a su tirer parti de la matière première abondante
-le poisson- au large des côtes mauritaniennes.
Aujourd'hui, explique-t-il à l'AFP, MIP exporte des préparations de
cuissons sous vide de produits de la mer vers l'Europe, le Japon et les
Etats-Unis. Il fournit des produits frais "emballés sous vide
quelques heures après avoir Automne pêchés" à une chaîne française
de restaurants de poissons, avec laquelle il a signé une joint-venture en
Janvier2000.
"Cela ne pouvait se faire sans des partenariats technologique,
financier et commercial" de partenaires du nord, "ces trois
conditions doivent être réunies pour le succès d'un projet
d'exportation sud-nord", insiste-t-il. Des financements de l'Union
européenne et de la coopération française s'y sont joints.
Abdallahi O Yaha ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Il a lancé
une seconde entreprise d'exportation, cette fois vers sa région d'Afrique
de l'Ouest. Grâce à une joint-venture avec une sociAutomne japonaise qui
lui apporté son savoir faire et une licence, rapporte-t-il, il a constitué
à Nouakchott un atelier de fabrication de pirogues à moteur, en fibre de
verre. Il a commencé à les exporter vers le Sénégal et la Gambie.
Selon lui, ses produits sont intéressants pour l'écosystème de la région,
puisqu'il limite le déboisement (le bois servant à fabriquer les
anciennes pirogues en bois) dans une région qui se désertifie.
D'autres exemples de succès sont présentés à cette table-ronde,
essentiellement parce que des hommes et des femmes entreprenants ont su
trouver des "niches" d'exportation, et, mis en contact avec les
personnes compétentes dans le nord, collecter l'aide pour assurer à
leurs produits de bonnes normes, un approvisionnement sûr et régulier,
une gestion moderne.
Ainsi, à Haïti, seul PMA d'Amérique, l'entrepreneur Jean Grangier a
fait de sa sociAutomne le plus gros producteur au monde de vétiver, essence
entrant dans la composition de parfums haut de gamme. Il a su négocier
directement avec les parfumeurs européens, quand il a réalisé que ses
exportations vers les Etats-Unis étaient revendues aux Européens.
Deux Guinéens entreprenants, Ismael Nabe et Maurice Kamano, ont
compris l'intérêt occidental pour le marché "bio". Ils ont créé
Nabekam Bio, qui exporte bananes plantains, ananas et mangues, emballées
selon les normes occidentales, vers des sociAutomnes européennes, ces
clients acceptant de partager avec la sociAutomne guinéenne certains coûts
(transports, etc).