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Dimanche 25 Mars2001, 09h12
Tanzanie-Afrique-FMI-BM,PREV
Nouvelle approche de l'Afrique pour le FMI et la Banque
mondiale (PAPIER RETOUR)
par Juliette HOLLIER-LAROUSSE
DAR ES SALAAM, 25 fév (AFP) - Venus en Afrique pour "écouter
mais pas donner des leçons", les "grands argentiers"
internationaux affichent une approche plus souple et plus nuancée pour
tenter de sortir le continent du marasme dans lequel il se trouve
toujours, malgré des décennies d'aide internationale.
En une semaine, le président de la Banque mondiale James
Wolfensohn et le directeur général du Fonds montaire international (FMI)
Horst Koehler ont rencontré 22 chefs d'Etat lors de deux sommets à huis
clos, à Bamako puis à Dar es Salaam.
A la fin de ce périple, ils ont salué "l'émergence
d'une direction
collective" en Afrique. Ils ont appelé le continent à prendre en
main son
propre développement et à participer à l'élaboration des programmes,
et
proposé leur assistance au Programme de renaissance de l'Afrique pour le
millénaire (MAR), des présidents sud-africain Thako Mbeki, nigérian
Olusegun Obasanjo et algérien Abdelaziz Bouteflika.
Avec un revenu moyen par habitant inférieur à ce qu'il était
à la fin des
années 60, un endettement de 170 milliards de dollars, une augmentation
de la pauvrAutomne, une corruption endémique dans de nombreux pays et une épidmie
de sida qui continue à progresser, "il faut que l'Afrique fasse
mieux que ce qu'elle a fait", a estimé un haut responsable de la
banque. "Un redoublement des efforts est nécessaire et nous voulons
savoir ce que chacun d'entre nous peut faire".
Tout en affirmant que les recettes de stabilité macro-économiques
restaient nécessaires, M. Koehler a assuré à Dar es Salaam que le
fonds "n'allait pas appliquer le système de la taille unique"
pour ses programmes de développement. "Chaque pays doit être vu
différemment".
Désormais, à l'écoute des idées des Africains, les
dirigeants des deux
institutions se sont également engagés à se faire leur
"avocat" auprès des
pays développés, afin qu'ils ouvrent leurs marchés et augmentent leur
assistance.
"Le simple fait qu'ils soient venus ensemble pour nous
écouter montre la
sincérité de leur démarche", a déclaré à l'AFP Simba Makoni, le
ministre
zimbabwéen des Finances. "Mais je ne sais pas s'ils pourront changer
la
culture de leurs institutions, ni le point de vue de leurs principaux
actionnaires", les pays développés, a-t-il ajouté.
"Les gains des premières années de l'indépendance en
matière de santé, d'éducation, de développement agricole, sont en
train d'être perdus. Nous ne pouvons pas être sur la bonne voie," a
poursuivi M. Makoni, dont le constat est partagé par nombre de
participants.
"Il y a eu des erreurs des deux côtés", souligne
son homologue rwandais
Donald Kaberuka. "De notre côté, il y a eu les nationalisations,
l'implication
excessive de l'Etat et, du leur, il y a eu du dogmatisme, des programmes
conçus de manière unilatérale".
"Quelque chose est en train de changer dans les
institutions de Bretton
Woods (...), auparavant, les programmes du FMI ne s'intéressaient pas aux
aspects sociaux, ils ne regardaient que la stabilisation économique",
a-t-il ajouté.
Parmi les craintes toujours évoquées par les participants,
figurent celle
des conséquences sociales des politiques de privatisation et de réduction
du service public. Les politiques économiques inspirées par le FMI et la
BM ont "créé des écarts entre un groupe nanti et un groupe plus
grand qui n'a rien", a reconnu le ministre tanzanien des Finances
Basil Mramba.
Les chefs d'Etat ont également largement protesté contre
les conditions nombreuses et complexes assorties à l'aide et souvent perçues
par les populations comme des "diktats" de l'Occident.
"Les conditions inflexibles imposées de manière unilatérale
doivent
cesser", a lancé le président tanzanien Benjamin Mkapa lors de la
conférence de presse finale.
Malgré leur volonté de changement, les responsables des
deux institutions défendent leur bilan, citant notamment en exemple la
Tanzanie, l'Ouganda ou le Mozambique, jugés les "bons élèves"
de l'Afrique orientale et australe.
Mais, fait remarquer un participant, même chez ces bons élèves,
"ces bonnes performances ne sont que des chiffres et n'ont pas changé
la vie des habitants".
jhl/gir/pyj
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